Crédité de plus de 10 % dans les sondages, le candidat libertarien à la Maison Blanche pourrait bien gêner la course du magnat de l’immobilier.

Homme de l’Ouest
Fils d’une employée du bureau des affaires indiennes et d’un enseignant, Gary Earl Johnson, 63 ans, a passé l’essentiel de sa vie dans l’Ouest. Individualiste, fan des grands espaces, pas franchement beau parleur. Tout le contraire de Donald Trump à qui il est en train de tailler des croupières dans l’Utah, l’Arizona et le Nevada. Si ces fiefs républicains traditionnels tombent dans l’escarcelle d’Hillary Clinton, ce sera grâce à lui. Un mur à la frontière du Mexique ?« De la folie. A l’heure qu’il est, Donald Trump doit être en train de regarder les Jeux olympiques pour voir à quelle hauteur sautent les perchistes mexicains. »
Gary Johnson à propos de Donald Trump, sur le plateau de CNN, en mai 2016 :
Gouverneur veto
Après des études de sciences politiques, il a fondé une compagnie de construction, Big J. Enterprises, dont il a fait l’une des plus importantes du Nouveau-Mexique, avec 1 000 salariés. Il en a tiré l’essentiel de sa philosophie : l’important, c’est le « ratio coût-bénéfices ». Elu gouverneur du Nouveau-Mexique en 1994 en tant que républicain, il a mis son veto à 750 projets de loi, procédé à 14 baisses d’impôts et licencié 1 200 fonctionnaires. Confortablement réélu en 1998, il a laissé son Etat avec un excédent d’un milliard de dollars.
Candidat libertarien
En 2012, il a quitté les républicains pour se porter candidat à la présidentielle sous l’étiquette du parti libertarien. Résultat : 0,99 % des voix. En 2016, profitant de l’impopularité record de Trump et de Clinton, il se voit créditer de 10 à 14 % des intentions de vote. Et de 23 % chez les moins de 30 ans. Johnson veut éliminer la Fed (la Réserve fédérale), supprimer le ministère de l’éducation, ratiboiser le budget militaire de 43 %… « Le gouvernement n’a pas à se mêler de mon portefeuille ni de ma chambre à coucher. »
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Sportif de l’extrême
Gary a couru trois fois le championnat de triathlon, dit Ironman, à Hawaï. Une course de surhommes : 3,9 km à la nage ; 180 km à vélo, terminés par un marathon. Il a gravi les plus hauts sommets de la planète. Dont l’Everest, conquis en mai 2003 (au prix de quelques orteils gelés).
Fumeur de joints
Depuis 1999, il plaide pour la légalisation de la marijuana. PDG de la compagnie de culture de marijuana Cannabis Sativa, il a démissionné quand il a annoncé sa candidature et cessé de consommer (sauf « quelques Cheeba Chews », les chewing-gums au cannabis) il y a trois mois. Après Donald Trump et Bernie Sanders, les médias sont ravis d’avoir trouvé un nouveau candidat atypique. Son objectif est de participer aux débats présidentiels de l’automne (il faut pour cela obtenir 15 % dans cinq sondages nationaux). Slogan : « Make America sane again ». Une parodie de celui de Trump. Plutôt que la « grandeur », c’est la « salubrité d’esprit » que Gary Johnson veut rendre à l’Amérique.
Sur le compte Twitter du Parti libertarien, le slogan anti-Trump : « Make America Sane Again » :
Make America Sane Again with Gary Johnson https://t.co/ybTefXwh8R#Election2016#tlot@GovGaryJohnson
— Libertarian Party (@LPNational) 28 juin 2016



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Le programme de Gary Johnson se résume en quelques mots : « Je suis fiscalement conservateur et socialement libéral. »
KEVIN KOLCZYNSKI / REUTERS
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